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FETCA  a le plaisir de vous inviter à la première Projection en Belgique du film   «7 vies» « سبعة أرواح»

La projection sera suivie d’un débat en présence de Lilia Blaise, co-réalisatrice.

Quand ?   Samedi 14 novembre 2015 à 19:00

Où ? Centre culturel Tunisien – « Dar Ettounsi »
Place du Champ de Mars 2-3 — 1050 Bruxelles

(Métro porte de Namur)

Entrée libre

Réservation / informations : contact@fetca.org

Retrouvez l’évènement sur Facebook

A l’initiative de FETCA avec le soutien de Dar Ettounsi à Bruxelles

Banderole-FETCA-1-

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Synopsis

Nous sommes « Chez Salem », un salon de coiffure qui se trouve au centre-ville de Tunis. Il est situé à 500 mètres de l’avenue Habib Bourguiba. L’artère principale de la capitale Tunisienne où s’est déroulée la manifestation historique qui a précédé le départ de Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011.

Ce salon de coiffure voit passer chaque jour des dizaines de clients. Des hommes y viennent pour se couper les cheveux ou se raser la barbe, mais c’est aussi un espace propice aux débats. Comme la figure du taxi en Tunisie, celle du barbier-coiffeur est reconnue pour être le baromètre des rumeurs de la ville, des ragots ou des tensions populaires. Plus intime que l’espace publique où la liberté d’expression est freinée, le salon de coiffure peut être aussi le lieu des confidences et même parfois, de débats politiques. « Chez Salem » a ouvert ses portes dans les années 70. Ses murs sont ornés de posters de leaders, de papiers de journaux, d’objets et photos qui datent de plus de 40 ans. Et Salem, le propriétaire de ce salon de coiffure, prend le soin de garder et de préserver ces objets pour faire de cet espace un petit musée qui porte la mémoire de sa génération telle qu’il la perçoit. Le coiffeur garde aussi en souvenir les discussions qui ont eu lieu dans son salon. Les gens y parlent, se chamaillent et discutent de tout.

«7 vies» « سبعة أرواح»

Réalisation : Amine Boufaied & Lilia Blaise

Film documentaire, Tunisie, 2014

Scénario : Amine Boufaied & Lilia Blaise

Version originale arabe/français >sous-titrée français

Durée : 56 minutes

Production : Antworks et SVP

Bande annonce :

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Pourquoi “7 vies” ?

Le choix du titre “7 vies” a un double sens:

Le chiffre 7 a été choisi car c’était le chiffre fétiche du régime Ben Ali en raison de la date de son accession au pouvoir par un coup d’état dit « médical » le 7 Novembre 1987. Rabâché sans cesse, le chiffre s’est substitué aux statues de Bourguiba dans l’espace public pour devenir une sorte de référence, même la chaîne nationale de télévision portait le nom de Tunisie 7.

Et “7 vies”  parce qu’à la façon d’une résurrection, la figure de Ben Ali revient sans arrêt dans le contexte post révolutionnaire. Sous différentes formes, cette image qui revient sans jamais vraiment disparaître témoigne du long travail que prend la transition démocratique pour se débarrasser définitivement de la tentation dictatoriale. En Tunisie, selon un mythe populaire, on dit que les chats ont 7 vies parce qu’ils échappent souvent à la mort. Et aussi on dit qu’une personne a 7 vies tel un chat quand elle survit à un accident mortel. C’est un dicton présent dans la mémoire collective des tunisiens qui nous semblait approprié pour le film.

Réalisateurs

Amine Boufaied réalisateurAmine Boufaied est concepteur rédacteur/monteur/cadreur/photographe. Après l’obtention d’un diplôme national en sciences et technologies du design en 2011 de l’ESSTED, il a choisi de s’orienter vers la production audiovisuelle.

Il a travaillé pour le ministère de l’enseignement supérieur au sein de l’Institut Supérieur des Langues de Tunis et à l’ESSTED où il a enseigné l’histoire de la photographie de reportage, l’infographie, l’analyse du document audiovisuel de l’information et la photographie.

Il a travaillé en tant que monteur sur un long et un moyen métrage. Ainsi que des émissions télévisées et des spots publicitaires. Il a réalisé des reportages pour la BBC Arabic, des films institutionnels pour des ONG et des spots de sensibilisation. Aussi il est l’auteur de quelques photos publiées sur des médias tel que France 24, Nawaat, Slate Afrique, Le courrier de l’Atlas, Huffington Post Maghreb et Afrique magazine.

Le documentaire “7 vies” est sa première expérience en tant que réalisateur en  collaboration avec Lilia Blaise. L’idée est venue d’un sentiment de frustration face à un phénomène qui commence à prendre de l’ampleur : La nostalgie de l’ère Ben Ali.

Il a constaté que de plus en plus de Tunisiens regrettent la révolution et souhaitent retrouver la dictature du président déchu.

Cette observation a développé chez Amine Boufaied et Lilia Blaise une frustration et une envie de résoudre l’énigme derrière la puissance du culte de personnalité de Ben Ali. Mais surtout, ils ont voulu aller au-delà de la simple observation du phénomène de la nostalgie. Déconstruire ce qu’était le système Ben Ali, analyser le rapport des Tunisiens avec le dictateur,  était aussi l’objectif de ce documentaire.

Pour cause, il a contacté la journaliste Lilia Blaise avec qui il a déjà collaboré en tant que photographe sur plusieurs articles. Ils partagent tous les deux les mêmes convictions et portent un regard similaire sur la transition tunisienne ; Pour eux, si cette nostalgie est si présente dans un pays qui pourtant s’en est le mieux sorti dans les révoltes arabes, c’est par manque d’un travail de mémoire et de justice sur le passé dictatorial.

Lilia-Blaise-réalisatriceLilia Blaise est une journaliste franco-tunisienne en master de journalisme à Sciences Po Paris. Elle se spécialise sur la Tunisie depuis trois ans. Elle a travaillé pour différents médias tels que Réalités, SlateAfrique, France 24, Afrique Magazine, le Huffington Post Maghreb et le Courrier de l’Atlas. C’est son premier projet de documentaire. Elle a voulu sur une idée originale du réalisateur Amine Boufaied, développer un sentiment perçu chez plusieurs personnes qu’elle a interviewées pendant la révolution. Malgré l’élan révolutionnaire, le retour à l’ancien est une tentation tenace. Pour elle, ce documentaire est l’occasion de donner la parole aux Tunisiens en abordant directement un sujet encore tabou: C’était quoi pour eux Ben Ali ? Comment se détacher d’un dictateur et créer un nouveau modèle politique avec un leadership nouveau quand on a connu que la dictature ?

 

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