Communiqué de presse

 

Bruxelles le 28 juin 2015 – Après l’attentat du musée du Bardo à Tunis au mois de mars dernier causant 22 morts et plus de 40 blessés (voir notre dernier communiqué du 18 mars ), le pays a fait face ce vendredi 26 juin à un nouveau massacre sur une plage touristique à Sousse, bondée de vacanciers. L’assaillant, un jeune étudiant tunisien âgé de 23 ans et originaire de la région de « Siliana » (nord-ouest de la Tunisie) armé de kalachnikov a pris pour cible des touristes de plusieurs nationalités. Le dernier bilan fait état de 38 morts et de plus de 39 blessés.

Nous sommes profondément attristés et choqués par ce nouvel acte lâche et barbare contre des innocents. Nous présentons nos plus vives condoléances aux familles des victimes et nous regrettons infiniment cette tragédie qui porte atteinte à notre culture et nos valeurs d’hospitalité.

Le processus démocratique est attaqué avec lâcheté tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger avec de jeunes exécutants manipulés et en perte d’espoir, de repères et de valeurs dans un contexte politique national déplorable et une réalité socio-économique douloureuse et injuste.

Le terrorisme est une réalité internationale demeurant une guerre spectaculaire peu coûteuse affectant directement le citoyen. C’est une « terreur » au profit des mafias, des affairistes religieux et politiques et contre toute réussite d’un processus démocratique.

Nous sommes révoltés de constater :

Que les failles sécuritaires depuis l’attentat du musée du Bardo n’ont pas été traitées et qu’un parti politique au pouvoir, qui a mené sa campagne électorale autour de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, ne soit pas capable de mettre en place une stratégie sécuritaire et des réformes évidentes respectueuses de la constitution tunisienne.

Qu’aucun plan d’action sécuritaire sérieux n’était réellement en application depuis le début de la saison touristique en Tunisie.

Qu’aucun plan d’urgence n’a été efficace et aucune cellule de crise n’a été capable de gérer la situation sur le terrain.

Que le ministère du tourisme ne fait preuve d’aucune initiative créative en s’appuyant par exemple sur des touristes restés sur place en Tunisie, faisant preuve de solidarité et de soutien envers le peuple tunisien.

Que le gouvernement en place ne dispose d’aucune feuille de route claire pour rassurer les Tunisiens et leurs offrir de l’espoir et refuse d’assumer ses responsabilités.

Que les déclarations du président Tunisien suite à l’attentat de « Sousse » étaient incompréhensibles et populistes sachant qu’il est le chef suprême des forces armées.

Que la HAICA, les journalistes et les médias tunisiens n’ont pas mesuré la portée de l’impact négatif des images et des vidéos diffusées comme un scoop sur les chaînes de télévision tunisiennes.

Que la restriction des libertés en Tunisie est présentée comme un moyen efficace de lutter contre le terrorisme.

Que des affaires mafieuses touchant à la sécurité nationale et impliquant des hauts responsables sécuritaires demeurent sans suite.

 

Dans un État de droit, il est impératif que le ministre de l’intérieur assume sa responsabilité face à son deuxième échec sécuritaire évident.

Nous appelons vivement l’opposition tunisienne à assumer sa responsabilité dans le processus démocratique et à jouer pleinement son rôle dans le contrôle du gouvernement et dans la lutte contre l’impunité.

 

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